Amélie-les-Bains-Palalda

Amélie-les-Bains-Palalda (en catalan: Els Banys d'Arles et Palaldà ou Palaudà) est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Améliens.

Géographie

La commune est localisée dans la vallée du Tech, au coeur du Vallespir, à l'ouest de Céret.

Elle est desservie par la route départementale 115, qui doit faire l'objet d'aménagements dans la prochaine décennie afin de permettre une meilleure communication entre la ville et la plaine littorale.

La ville était de plus desservie par le chemin de fer avant sa destruction par l'aiguat (inondation) de 1940. Une voie verte est prévue sur la plateforme de l'ancienne voie ferrée (jusqu'à Arles-sur-Tech).

Histoire

La commune actuelle d'Amélie-les-Bains-Palalda regroupe en fait deux agglomérations distinctes : les villages des Bains et de Palalda.

Les Bains d'Arles

Le lieu semble avoir été occupé dès l'âge du fer : des blocs de gneiss découverts suite à l'Aiguat du Tech de 1940 étaient gravés de signes de cette époque. Ils ont fait l'objet de diverses théories (cromlech, temple, ...) mais aucune n'est vraiment fondée sur des éléments vérifiables.

Le site des Bains d'Arles (El Banys) comporte des sources thermales qui ont été exploitées dès l'Antiquité. Les Romains y construisirent des thermes, dont subsistent une salle voûtée et une petite piscine.

Plus tard, au VIIIe siècle, une abbaye y est fondée par un certain Castellan, vraisemblablement au sein même des thermes antiques. Cependant, les raids Normands au IXe siècle mènent les moines à déplacer leur monastère à Arles-sur-Tech, monastère qui subsiste toujours aujourd'hui.

Les Bains vont dépendre de l'abbé du monastère transféré à Arles jusqu'en 1237, date à laquelle le seigneur du Roussillon et du Vallespir, Nunyo-Sanche, en fait l'acquisition. Seule, l'église paroissiale Saint-Quentin demeure sous la juridiction de l'abbé d'Arles.

Vers 1670 un fort, qui subsiste encore aujourd'hui, est établi au-dessus du village afin de défendre la frontière espagnole. La localité prend alors le nom de Fort-les-Bains.

Le 7 avril 1840, le roi Louis-Philippe renomme le village en Amélie-les-Bains, du nom de son épouse Marie Amélie de Bourbon.

Palalda

Jusqu'à la Révolution, le village de Palalda portait le nom de Palaudà, en référence à un "palais" (ou plutôt une demeure seigneuriale) qui occupait le site actuel du village. En effet, nombre de "palais" existaient dans la région : à Saint-Jean-Pla-de-Corts ou Céret pour ne citer que quelques exemples.

Palalda est mentionné pour la première fois au IXe siècle. La seigneurie passa entre les mains de plusieurs familles au fil des siècles. Les fortifications que l'on peut voir aujourd'hui sont l'œuvre de Guillaume-Hugues de Serralonga (premier seigneur connu de Palalda), qui les fit construire vers 1250.

Le site conserve encore aujourd'hui son cachet médiéval, avec la place au centre de l'ancien château donnant sur l'église Saint-Martin.

Lieux et monuments

Amélie-les-Bains
L'ancienne église Saint-Quentin

Mentionnée en 869, elle avait été édifiée sans doute peu après la fondation du monastère pour les habitants qui s'étaient établis aux environs. Consacrée de nouveau en 1061 à la suite de travaux de restauration (ou d'agrandissement), elle fut remaniée à l'époque gothique avant d'être abattue en 1932 à des fins d'urbanisme. L'édifice avait pourtant été classé monument historique.

L'église Notre-Dame-de-Vie

C'est l'actuelle église paroissiale d'Amélie, construite de 1868 à 1871. Elle conserve une vierge romane du XIIIe siècle, provenant de l'église Saint-Quentin.

Les Nécropoles Améliennes

Amélie-les-Bains possèdent sept nécropoles sur son territoire : l'ancien et le nouveau cimetière, le cimetière militaire, le cimetière protestant, près de la maison du gardien, Montalba-d'Amélie, l'ancien et le nouveau cimetière de Palalada, et le cimetière du Rosaire, près de l'église Saint-Martin. Dans ces cimetières reposent toutes les personnes appartenant au peuple, au clergé, à la noblesse, et à l'armée. Leur histoire se raconte à la lecture de leur stèle, et tous ces personnages font de la principale nécropole amélienne, un petit Père Lachaise. Rares sont les cimetières où les cinq parties du Monde soient représentées. Seules nos plus grandes cités, comme Paris, Marseille, ou Bordeaux peuvent se le permettre.

En 1996, Jerry de Pierregot, écrivit un ouvrage sur les Nécroples Améliennes à la fin du XXème siècle. Cette commune, a vu passer beaucoup de personnages célèbres. Tous ne sont pas inhumés dans la cité du Maréchal Victor de Castellane. Par exemple, le 6 juin 1878, y meurt le vainqueur des Autrichiens à Melegnano (Marignan, 8 juin 1859), le Maréchal Achille Baraguey Comte d'Hilliers, ou encore le Médecin-major Ernest Duchesne, qui découvrit le pénicillium trente ans avant Fleming, et dont un square rappelle sa mémoire.

Jusqu'à ce jour, il n'y a qu'une seule centenaire inhumée à Amélie-les-Bains, il s'agit de Marguerite Thubert (1865-1965), et une autre personne morte dans sa centième année, Jeanne Bureau-Plancard (1882-1981).

Les plus grandes Maisons de France sont représentées dans ces nécropoles, telles que Maupéou d'Ableiges, Arcis de Chazournes, Saint-James, Chaudoir, Gavrel de Loupiac, Juest de Mire, Lamer, Lemonier de La Haitrée, Lelarge de Lourdoueix, Viaris de Lesegno, Bradisch de Wexford, un Prince indien, etc... On y trouve également des personnages hétéroclites, le fondateur de la République rouge de Palalda, un boulanger qui inventa un pétrain à pédales, un samouraï, des créateurs d'apéritif (pi-flip), des officiers d'exception, et des héros, beaucoup trop de héros.

Palalda

Palalda conserve son cachet médiéval et des restes importants du château médiéval, dont deux tours massives.

L'église Saint-Martin, mentionnée pour la première fois en 967, est composée d'une nef unique voûtée d'un berceau "écrasé" du XIe siècle ou du XIIe siècle. La partie orientale de l'édifice fut totalement reconstruite au XVIe siècle. Le chœur conserve un superbe retable baroque daté de 1656 ainsi que d'autres œuvres non dénuées d'intérêt.

Le calvaire. Il s'agit d'une croix haute de 8 m au sommet d'une colline.

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